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- La protection cathodique, une protection
active
-
La protection cathodique est la technique qui permet de conserver dans son intégrité la
surface extérieure des structures en acier enterrées ou immergées,
en s'opposant au processus électrochimique d'attaque du métal par
le milieu ambiant, c'est-à-dire la corrosion. Les canalisations acier
constituent le champ d'application principal de cette protection. Les réseaux
en acier, même anciens et dégradés, peuvent bénéficier
de cette technique dans des conditions économiques admissibles.
- Définition
-
Un métal en contact avec un milieu conducteur, eau ou sol, est le siège
de réactions électrochimiques appelées effet de pile. Ce
phénomène entraîne une dissolution du métal de l'anode
vers la cathode, c'est-à-dire de la canalisation vers le milieu ambiant :
c'est la corrosion ou oxydation. Deux moyens complémentaires existent
pour maîtriser cette corrosion.
- La protection passive
-
Elle est constituée par le revêtement extérieur dont le rôle
est de créer un effet de barrière électrique entre le métal
des canalisations et le milieu environnant. Ce revêtement ne constitue
cependant pas une protection absolue et définitive en raison des imperfections
ou blessures susceptibles de se produire lors de la pose ou au cours de la vie
de l'ouvrage. C'est pourquoi on maîtrise ces risques potentiels par l'installation
d'une protection cathodique.
- La protection active
-
Elle consiste à amener par des moyens extérieurs et artificiels
l'ensemble de la surface extérieure du métal à un potentiel
suffisamment négatif pour rendre le métal entièrement
cathodique et supprimer ainsi tout risque de corrosion extérieure.
Le critère de protection cathodique est la valeur du potentiel au-dessous
duquel l'acier ne peut se corroder. Pour l'acier enterré ou immergé,
le critère de protection est mesuré avec une électrode
de référence Cu/CuSO4 en contact avec le milieu situé au
voisinage immédiat du métal de - 850 mV. Ce n'est qu'à partir
d'une certaine valeur de courant que le potentiel nécessaire est atteint.
Pour
réaliser la protection cathodique des canalisations enterrées
en acier, il suffira donc :
• soit de constituer une pile à l'aide d'un
métal
plus électro-négatif
que l'acier (magnésium ou zinc) : c'est la protection par anode
galvanique (sacrificielle)
Principe : on crée un couple galvanique dont la
canalisation métallique
sera la cathode de la pile et l'anode un métal choisi pour son potentiel
plus électronégatif (magnésium, aluminium, zinc).

• soit de les relier à une source électrique convenablement
connectée
de manière que l'acier devient la cathode du système et de vérifier
que le potentiel de cette cathode atteint bien le critère de protection
en tous points : c'est le courant imposé (ou
soutirage de courant)
Principe : l'abaissement de potentiel des canalisations à la
valeur voulue est obtenu en connectant le réseau, en un ou plusieurs de
ses points, au pôle négatif d'une source électrique de courant
continu.
Le champ électrique se répartit dans le sol, par la prise
de terre ou déversoir.
Les électrons gagnent la canalisation et
pénètrent
par leur surface latérale, cheminent longitudinalement dans les conduites
jusqu'à la connexion au pôle négatif du redresseur.
Il en
résulte un abaissement de potentiel dans le réseau.
Cet abaissement
de potentiel croît depuis les extrémités du réseau
les plus éloignées de la connexion jusqu'au pôle négatif
de l'alimentation pour être au maximum au droit de celle-ci.
Il doit être
suffisant pour que le critère de protection soit partout atteint et maintenu.
Ce
type de protection est tout indiqué pour la protection des grands
réseaux et offre une grande souplesse d'adaptation et de réglages.
- Un système actif et économique
-
La protection cathodique complète de manière absolue la protection
passive du revêtement et ceci quelles que soient les modifications
de l'environnement des conduites dans le temps :
• blessures des revêtements externes dues à des travaux
réalisés
par des tiers au voisinage de la conduite ;
• modification de la résistivité du sol à la suite
d’une
pollution accidentelle, aux variations du niveau des nappes phréatiques,
... ;
• nouvel environnement électrique de la conduite tel que nouveau
réseau
sous protection cathodique (gaz, pétrole, eau ...) ;
• ligne Très Haute Tension, tramway, TGV, SNCF ;
• drainage de courants vagabonds.
Pour un investissement minimum, l'exploitant
d'une canalisation sous protection cathodique pourra régulièrement
contrôler le niveau de
potentiel électrique de la conduite par rapport au milieu environnant
et, de ce fait, être alerté de toute dégradation accidentelle
ou modification de l'environnement de la conduite : c'est la
surveillance cathodique. Il assurera ainsi la pérennité de son réseau
et de son investissement : c'est l'assurance vie du réseau.
- Dispositions particulières
-
Le fascicule 71 « Fourniture et pose de canalisations d'eau,
accessoires et branchements » relatif aux marchés publics
de travaux passés au nom de l'État en définit les modalités.
Cette protection doit par ailleurs faire l'objet de contrôles périodiques
réguliers destinés à s'assurer de son bon fonctionnement
et de son efficacité dans le temps.
Arrêté du 4 août
2006 portant règlement de la
sécurité des canalisations de transport de gaz combustibles,
d'hydrocarbures liquides ou liquéfiés et de produits chimiques
du ministère de l’économie, des finances et de l’industrie.
- Mesure et contrôle
-
1) Points de mesure
Ils sont destinés à contrôler le potentiel d'une canalisation
par rapport au sol. Le nombre de points de mesure dépend de la configuration
de l'ouvrage.
2) Mesure de potentiel
La mesure du potentiel des canalisations
dans le sol est indispensable pour contrôler l'efficacité de
la protection cathodique. Or, celles-ci étant
assimilables à des éprouvettes plongées dans un électrolyte,
on mesure le potentiel par l'intermédiaire d'électrodes de
référence. La conduite dans le sol constitue une demi-pile
que l'on associe à l'autre demi-pile, l'électrode.
Les électrodes
utilisées sont :
• électrode au calomel (laboratoire),
• électrode au sulfate de cuivre Cu/CuSO4 (couramment utilisée),
• électrode au chlorure d'argent Ag/AgCl (eau de mer),
• électrode au zinc (eau de mer).
- Détection de Défauts
de Revêtement de Canalisation
La Détection de Défauts de Revêtement de Canalisation
est utilisée sur des canalisations enterrées afin de localiser
les défauts du revêtement.
1) La théorie
Cette méthode de recherche des défauts de revêtement de
canalisation repose sur la mesure du gradient de tension créé par
un défaut de revêtement (métal apparent).
La mise sous tension
de la canalisation se fait à partir du système
de protection cathodique existant sur la canalisation, ou bien à l'aide
d'une injection provisoire.
Cette méthode ne s'applique qu'aux canalisations électriquement
continues (canalisations en fonte exclues).
2) Le matériel
• Emetteur : il permet la mise sous et hors tension de la canalisation
(fréquence
1 Hz).
• Cannes-électrodes : elles permettent de mesurer les gradients
de tension créés par les défauts de revêtement.
• Récepteur : Il est constitué par un voltmètre analogique à zéro
central.
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